Avis

Les femmes qui craignaient les hommes — Jessica Moor

Couverture et présentation :

Nouvelle voix de la littérature noire très remarquée outre-Manche, Jessica Moor livre un thriller psychologique intense, violent, sur la criminalité ordinaire, la prédation et l’emprise.

La banlieue de Manchester abrite une maison pas comme les autres : une résidence sécurisée réservée aux femmes. Ici, elles sont nombreuses à vivre loin de ceux qui ont fait de leur quotidien un cauchemar. Alors, quand le corps de Katie, leur conseillère et amie dévouée, est retrouvé dans la rivière et que l’inspecteur Whitworth entreprend de les interroger, leur réflexe est de se cacher, de se taire.

Pourtant, elles vont devoir parler. Si elles ne le font pas, la police classera l’affaire en suicide. Comment ces femmes terrorisées pourront-elles jamais se confier à un homme ? Et comment livrer ce qu’elles savent sans risquer de faire tomber l’une d’entre elles ? Car chacune détient une pièce de ce puzzle macabre, et révéler la clé du secret pourrait mettre à l’épreuve leur solidarité, ce dernier lien qui les protège dans une société qui semble les avoir oubliées…
Que vaut la vie d’une femme ?

Éditeur : Belfond
Papier : 21€
Numérique : 12€99
Pages : 352
Sortie : mai 2021


Avis :

Je remercie Babelio et les éditions Belfond pour l’envoi de ce livre.

Je lis très peu de romans noirs par peur de trouver le rythme un peu lent principalement. Mes récentes expériences de lecture à ce sujet n’ont pas été concluantes.

Toutefois, la thématique des violences conjugales m’a semblé assez forte pour me convaincre de découvrir ce roman.

Le roman est découpé en chapitres qui s’alternent entre avant et maintenant. Si vous aimez ce type de construction alors vous devriez apprécier le contenu.

On débute l’histoire auprès de Katie, qui rencontre un homme qui va prendre une place importante dans sa vie. En parallèle, l’inspecteur enquête sur le suicide présumé de ladite Katie. On découvre alors une résidence qui regroupe plusieurs femmes ayant trouvé refuge là pour échapper à des violences diverses.

Les idées sont intéressantes, les femmes aussi par le biais de leurs histoires bien différentes. Néanmoins, j’ai ressenti comme une distance avec l’ensemble, ce qui m’a empêché d’entrer dans le texte.

Mon premier sentiment à propos de l’enquête était mitigé puisqu’il me paraît étrange de pousser à ce point les démarches policières dans le cas d’un suicide. Néanmoins, si cela sert le récit, pourquoi pas. Le rythme est assez lent, les informations sont distribuées par petits bouts. Chaque témoignage de femme permet de mettre en lumière leur quotidien parsemé de nombreuses peurs causées par les violences subies. De ce côté-là, ce roman remplit son rôle, si l’on n’attend pas quelque chose de trop creusé au niveau émotionnel.

Si la fin peut être étonnante, j’ai personnellement deviné assez rapidement la manière dont Jessica Moor allait clore son histoire. C’était assez bien joué mais le manque de dynamisme global a rendu l’aventure beaucoup trop simple et prévisible. Ce n’est pas l’idée que je me fais du roman noir.

Malgré tout, Les femmes qui craignaient les hommes est bien écrit et peut servir de mise en bouche à ceux qui voudraient en savoir davantage sur la condition des femmes qui ont été victimes de violence. Pour moi, il manquait simplement une implication émotionnelle et je suis certaine que d’autres lecteurs y trouveront leur compte.

Note : 15/20.


Extrait :

L’amour. Cet amour qu’elle éprouve pour Jamie.
Elle le cultive d’abord avec soin. Une jeune pousse fragile dont Katie commence par douter de la survie, qui rétrécit chaque fois qu’il lui sort un cliché ou une insanité. Puis, tant bien que mal, attentivement nourri par de longues matinées passées au lit, peau contre peau, l’amour devient une vaste plante grimpante qui recouvre tout son être.
Elle ne saurait dire à quel moment ce sentiment a pris vie de manière autonome, à quel moment elle a cessé de se dire qu’il serait bien commode de l’aimer en retour, et qu’elle a su que c’était le cas. Aimer quelqu’un est important – ça lui donne le sentiment qu’où qu’elle aille, il y aura toujours une courroie élastique pour la ramener vers une base ferme.

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