Avis

Le vieil homme qui rêvait d’amour — Jean-Pierre Grotti

Couverture et présentation :

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Marcel Baral, retraité, vit seul et retiré à Massan, village languedocien sur lequel il a régné en maître absolu pendant une trentaine d’années en tant que garde municipal. Un coup de folie l’a fait divorcer d’Isabelle, le grand amour de sa vie, et l’a aussi éloigné d’Alexandre, son fils unique. Un accident va pourtant les rapprocher. C’est pour reconquérir l’affection de cet enfant et reconstruire le lien détruit vingt-cinq ans plus tôt que Marcel décide de changer de vie.

Éditeur : TDO éditions
Poche : 10€
Pages : 328
Sortie : novembre 2015

Avis :

Acheté sur le marché de Gruissan, cela me permet de découvrir un auteur local dans un livre qui se passe près de chez moi.

Après un départ un poil laborieux pour cause de descriptions entêtantes (selon mes critères), l’histoire a pris un coup de fouet magistral pour devenir entraînante au possible.

Marcel, le vieil homme que nous suivons, n’est pas des plus agréables. Plutôt intransigeant, peu ouvert d’esprit et assez vantard, le voilà bien mal dans ses chaussures lorsqu’il arrive un incident qui va le pousser à se remettre en question.

Dès lors, nous avons droit à de nouvelles introspections liées à sa vie passée, toujours logiquement choisies. L’histoire se déroulant sur une poignée de jours, le rythme est profitable pour nous, lecteurs.

Marcel nous fait découvrir le village de Massan, celui d’aujourd’hui mais aussi celui dans lequel il a vécu une bonne partie de sa vie. Marcel n’est pas parfait, il le sait et pourtant, on sent son désir de l’être, de préserver certaines apparences qu’il estime être les bonnes. Il pense que les gens lui doivent quelque chose pour avoir été le garde du village pendant près de trente ans. Mais Marcel a soixante-dix ans, il a perdu de sa superbe bien des années plus tôt à cause de son coup de folie…

Le vieil homme se dit qu’il est temps pour lui de changer la donne, alors que la solitude est sa seule amie. Il ne lui reste que son fils, que Marcel pense soumis à sa femme (cf extrait) et avec lequel il n’entretient pas de bonnes relations. De sa vision du monde étriquée, il a l’impression que rien ne tourne correctement. Aigri ? Sûrement, même le chat Spanghero le sait. (Mais qui appelle son chat Spanghero ??? Un amateur de rugby, bien sûr ! Je sais qu’automatiquement vous allez penser au grand scandale alimentaire d’il y a quelques années mais au vu de l’histoire de Marcel, je pense que ça a plus à voir avec le passif de rugbyman des frères Spanghero.) Ce chat, donc, vient adoucir l’atmosphère, au même titre que le jeune Fabio, voisin de Marcel. Et parce que Marcel est un vieil homme rempli de préjugés sur les gens et le monde, cette histoire est avant tout sa rédemption.

A lire si vous souhaitez un roman qui évoque des liens familiaux abîmés,  notamment les liens père/fils, qui montre aussi qu’il peut être facile de décider de changer mais que rien n’est acquis, surtout pas la manière dont les autres peuvent percevoir le changement en question et que ce n’est qu’à force de ténacité et de volonté que l’on peut parvenir à atteindre ses objectifs. Le vieil homme qui rêvait d’amour ne manque pas d’émotions même si elles se montrent pudiques la plupart du temps.

Dernier point, il faut aimer les fins ouvertes qui laissent planer l’espoir pour apprécier pleinement le livre. Personnellement, un épilogue quelques mois plus tard aurait été un bonus non négligeable.

J’ai aimé cette histoire même si le départ n’était pas engageant pour moi. Si je recroise l’auteur, je lui prendrai certainement un autre de ses livres.

Note : 16/20.


Extrait :

Il faudra tout de même qu’un jour, il aient une vraie discussion sur le sujet. Marcel est persuadé que dans un couple qui vit bien, c’est l’homme qui prend toutes les décisions importantes. Il le sait, il a même payé cher le fait de donner trop de liberté, trop de pouvoirs à Isabelle, son ancienne femme. S’il ne lui avait pas délégué l’éducation d’Alexandre, celui-ci ne serait pas aujourd’hui une chiffe molle malmenée par son épouse.
Lui, il l’aurait éduqué à coups de pied au derrière. Il se souvient de son père qui n’hésitait jamais à jouer de sa ceinture pour le corriger. Il écarte ses pensées d’un geste rapide comme on chasse un moustique. Les regrets ne servent à rien, sinon à se torturer.

4 commentaires sur “Le vieil homme qui rêvait d’amour — Jean-Pierre Grotti

  1. Chouette de se plonger dans la littérature locale, a fortiori si ça te permet de faire de belles découvertes comme celle-ci. Le personnage principal semble évoluer et se montrer touchant à sa manière… Quant aux fins ouvertes, ce ne sont pas mes préférées, mais quand elles sont bien amenées, elles peuvent conclure à merveille un livre et permettre à chacun de vraiment se l’approprier.

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