Avis

Circé — Madeline Miller

Couverture et présentation :

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Fruit des amours d’un dieu et d’une mortelle, Circé la nymphe grandit parmi les divinités de l’Olympe. Mais son caractère étonne. Détonne. On la dit sorcière, parce qu’elle aime changer les choses. Plus humaine que céleste, parce qu’elle est sensible. En l’exilant sur une île déserte, comme le fut jadis Prométhée pour avoir trop aimé les hommes, ses pairs ne lui ont-ils pas plutôt rendu service ? Là, l’immortelle peut choisir qui elle est. Demi-déesse, certes, mais femme avant tout. Puissante, libre, amoureuse..

Éditeur : Rue Fromentin/Pocket
Grand format : 23€
Poche : 8€50
Pages : 576
Sortie : mai 2018

Avis :

Dès les premières pages, nous sentons à quel point Circé est mal aimée par son entourage, incomprise et rejetée. Enfant au physique ingrat parmi les dieux éclatants, Circé est une déception. Sans pouvoirs non plus, elle n’est destinée à rien accomplir, une honte chez les immortels où il est essentiel d’être quelqu’un, et cela à n’importe quel prix.

Pourtant, malgré elle, elle va défier les lois divines. D’abord modestement. Puis constatant qu’elle passe toujours inaperçue et pire qu’elle continue de ne provoquer qu’indifférence, elle ose défier son père qui n’a d’autre choix que de s’en remettre à Zeus. Les révélations de Circé (soutenue par l’un de ses frères) obligent ses frères et sa sœur à admettre leur singularité : si la fratrie se voit si peu punie, Circé, elle, se fait exiler sur une île inhabitée.

Et pourtant, rien ne l’arrête puisque même seule, elle va réussir à mettre à profit ses dons avec les plantes, qui vont lui être plus qu’utiles au fil de ses aventures et la désigner sorcière.

Madeline Miller (grâce aussi à sa traductrice) est une bonne conteuse. Sa plume très dynamique limite l’ennui pourtant, à un moment, mon engouement s’est essoufflé, pour revenir aussi vif qu’initialement. Cet instant concernait le passage avec Ulysse, et c’est bien malheureux pour moi sachant que c’est l’un des événements les plus longs parmi tous ceux traités par l’autrice.

Madeline Miller nous permet de suivre une jeune Circé qui grandit au fil des chapitres, en s’attardant principalement sur des moments clés de sa vie. Nous croisons ainsi la route de nombreux personnages mythologiques tels que Dédale et Prométhée.

J’ai tout apprécié, savouré même, en dépit des longueurs évoquées plus haut, puisque Ulysse reste essentiel au développement de l’intrigue. (Je n’exclus pas qu’un événement personnel anxiogène arrivé dimanche puisse être à l’origine de mon léger décrochage.)

Circé nous est présentée sous toutes les coutures, les belles comme les disgracieuses. Elle paye le prix de ses erreurs tout en restant constante dans sa ligne de conduite. Si elle éprouve des remords ou des regrets, elle sait aussi qu’il ne sert à rien de les ruminer. Elle avance, tombe et se relève toujours, dévoilant sa grande force et son courage. Qu’on approuve ou non ses actes, ils restent une réponse logique au mépris des dieux.

Circé est une aventure mythique, empreinte de magie et de nature, explorant les complexités psychologiques de divers individus, relatant la bravoure des hommes ou leur bêtise face aux non-sens divins. Un roman rempli d’émotions grâce à une héroïne capable d’assumer ses failles et de se libérer du joug des dieux pour vivre enfin. A savourer pleinement.

Note : 19/20.


Retrouvez les avis sur Circé que j’ai pu voir avant lecture ci-dessous :

Il semblerait que le lecteur WordPress ne soit pas mon ami sur ce coup puisque je n’arrive pas à me souvenir des blogs sur lesquels je l’ai vu. Si vous passez par là, que vous avez écrit un article sur ce roman, n’hésitez pas à me le dire, je mettrai le lien. Merci. 🙂


Extrait :

Hermès avait raison. Les mortels mouraient à tout moment, d’un naufrage ou d’un coup d’épée, tués par une bête sauvage ou par des hommes enragés, par la maladie, la négligence et l’âge. Comme Prométhée me l’avait expliqué, c’était leur destin, l’histoire qu’ils partageaient tous. Ils avaient beau être saisissants, brillants, accomplir des merveilles durant leur vie, ils n’en redeviendraient pas moins poussière et fumée. Et pendant ce temps-là, chaque dieu médiocre et inutile continuerait à aspirer l’air vif jusqu’à ce que les étoiles s’éteignent.

6 commentaires sur “Circé — Madeline Miller

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