Avis

La tête hors de l’eau (1&2) — TJ Klune

Couvertures et présentation :

Cinq ans plus tôt, le père adoré de Benji Green s’est noyé lorsque sa camionnette s’est écrasée dans une rivière.
Tout le monde a qualifié sa mort d’accident, mais Benji ne peut s’empêcher de penser qu’il y a… autre chose.

Des années plus tard, toujours accablé par le chagrin, Benji se tue à la tâche pour maintenir à flot le commerce de proximité de son père dans la petite ville de Roseland, en Oregon.
Entouré de sa mère et de ses trois tantes, il vit au jour le jour, se débattant pour garder la tête hors de l’eau.

Mais Roseland n’est pas un endroit ordinaire.

Affligé de rêves de plus en plus fréquents où il revit la mort de son père et de visions éveillées de plumes flottant à la surface d’une rivière, la définition que Benji a de la réalité commence à s’étioler.

Il se croit hanté, mais que ce soit par des fantômes ou des souvenirs, il ne peut le dire.

La rivière des souvenirs (tome 1)
Éditeur :  Bookmark
Papier : 17€
Numérique : 5€99
Pages : 312
Sortie : mars 2020
Les courants de la destinée (tome 2)
Papier : 20€
Numérique : 5€99
Pages : 424
Sortie : juin 2020

Avis sur les deux tomes :

En VO, cette histoire n’est pas divisée en deux romans. L’éditeur a expliqué son choix de le publier en deux parties puisque c’est un petit pavé de plus de 700 pages que nous a écrit TJ Klune. Je sais qu’on peut facilement contester le procédé… mais j’ai fait le choix de me procurer cette merveille malgré cela.

Je vais donc concentrer mon retour sur le premier tome pour limiter les spoils.

Notre héros et narrateur, Benji, a perdu son père des années plus tôt et n’a pas fait le deuil de ce dernier. L’accident de son père le ronge tellement qu’il est persuadé qu’il s’agit d’un acte criminel.

Benji n’est pas certain de ce qui lui arrive mais remet en cause sa santé mentale alors qu’il fait d’étranges rêves et éprouve de drôles de sensations. Tout cela semble s’accentuer.

Au départ, TJ Klune nous propose un roman sur le deuil, sujet qu’il a bien traité selon moi. Benji et Big Eddy étaient très proches et fusionnels. Eux ainsi que Lola, la mère de Benji, formaient une famille aimante et unie, sans parler du Trio de tantes de Benji qui dynamise le texte. Évoquons notamment l’une d’elles, atteinte du syndrome de Down, d’apparence naïve et fragile, qui sera l’un des personnages les plus touchants et surprenants de cette histoire. TJ Klune offrant à nouveau la possibilité à tous de recevoir la reconnaissance et la légitimité qu’ils méritent. Différents, d’accord, mais pas moins considérables.

Revenons au deuil qui ne va pas se faire trop vite et cela même si ça fait cinq ans que Big Eddy les a quittés. Benji a beaucoup de travail à effectuer sur lui-même à ce sujet. L’évolution de son enquête personnelle sur le décès de son père va renforcer tous les faits étranges qui se passent autour de lui. Il faudra attendre quasiment la fin de l’histoire pour que Benji lâche prise.

L’enquête, quant à elle, n’est pas tirée par les cheveux et reste très crédible. On aurait pu penser l’inverse vu la tournure fantastique que prend le texte.

La dimension surnaturelle de l’histoire devient explosive à l’apparition de Calliel, personnage que l’on verra plus évoluer dans le second tome. L’absence du point de vue narratif de Calliel renforce le sentiment mystérieux qui entoure la ville de Roseland. Et même si le statut paranormal de ce dernier laisse à penser à qu’il est du côté du bon et du juste, il montre souvent une facette sombre, accentuée par la possessivité de Calliel vis-à-vis de Benji. Tout cela pour vous évoquer des éléments importants du texte : les frontières entre bien et mal et celles entre folie et raison sur lesquelles l’auteur joue par moment car les personnages vont devoir faire des choix, user de leur libre-arbitre à des degrés divers au fil du récit et réfléchir aux conséquences de leurs actes.

Si vous êtes réfractaires à la religion, passez votre chemin. TJ Klune fait la part belle aux anges et à la hiérarchie divine. C’est un point que j’ai beaucoup aimé et qui rend le cheminement du deuil plus fort d’une certaine manière.

Côté romance, elle n’est pas tout à fait au premier plan et se déroule à la fois très rapidement lorsqu’elle démarre pour ralentir plus tard. Ce n’est pas le point principal de La tête hors de l’eau. Le couple Benji/Calliel surprend au premier abord mais tout ce qui paraît les opposer s’estompe. Il y a une évolution perceptible chez ces personnages.

J’ai été très touchée par ce roman, qui nous partage beaucoup d’émotions, des passages m’ont donné envie de pleurer. D’ailleurs, TJ Klune nous a aussi habitués à des histoires pleines d’humour alors qu’ici, le ton n’est pas trop à la rigolade. Néanmoins, j’ai vécu cette lecture aux côtés de Benji et des habitants de Roseland, espérant, priant avec eux et totalement imprégnée de l’ambiance, vous l’aurez compris.

Ce n’est pas un coup de cœur mais on n’en est pas loin.  Je vous recommande ces livres si le sujet vous tente.

Note : 19/20.

P.S. : TJ Klune, c’est aussi l’auteur de:

J’ai encore quelques romans de cet auteur à sortir de ma PAL, comme Le clan Bennett, la suite des Contes de Verania et Absynthe. C’est le moment de me conseiller si vous les avez lu. 😉

P.S. bis : Cela fait un moment que je n’arrive pas à rédiger des retours sur mes lectures d’où le fait que je poste si peu dernièrement. J’espère que cet article est compréhensible.


Extraits :

  • Le temps est une rivière, comme je l’ai appris. Qui toujours suit son cours. Mais pour des gens comme moi, des gens qui ont aimé et perdu, la rivière est quelque chose que nous combattons. Nous nageons à contre-courant, essayant de revenir où nous nous trouvions avant, essayant de nous accrocher à tout ce qui pourrait nous permettre de ne pas être emportés. C’est épuisant et nous finissons tous par fatiguer. Pourtant, nous continuons. Je ne peux pas le laisser dans la rivière et disparaître.

  • Les choses ont changé, oh oui. Il ne faut pas se le cacher. Mais c’est ce qui est drôle avec la douleur lorsqu’elle se mélange à la colère ; même enfouie sous un bonheur retrouvé, ça griffe et ça murmure. Ça supplie. Ça hurle.Ça crie.Ça ne lâche pas. Et ça exige un châtiment.

4 commentaires sur “La tête hors de l’eau (1&2) — TJ Klune

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