Avis

L’équation Africaine — Yasmina Khadra

Couverture et présentation :

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Bouleversé par la mort de sa femme, le docteur Kurt Krausmann inquiète son entourage. Entraîné presque malgré lui par son ami Hans dans une expédition humanitaire, il compte sur ce voyage pour se reconstruire.
Un matin, au large du Soudan, des pirates arraisonnent leur voilier, les réduisant en otage.
Privé de liberté, Kurt va pourtant découvrir le vrai visage de l’Afrique, de pays en pays, de rencontres étonnantes en découvertes insoupçonnées.

Éditeur : Julliard/Pocket
Grand format : 21€
Poche : 7€60
Numérique : 7€99
Pages : 352
Sortie : Août 2011

Avis :

Recommandé par ma tante (parmi d’autres livres qu’elle a pu me donner), je m’inquiétais de ne pas apprécier ou de me sentir dépassée par la narration.

Yasmina Khadra écrit pourtant bien avec une plume parfois philosophique, parfois poétique. En dehors de quelques passages descriptifs qui m’ont un peu ennuyée (pas tout le temps), je n’ai rien à redire à ce propos (d’ailleurs je ne suis pas fan des descriptions en général donc cette remarque est purement subjective). D’autant qu’il est nécessaire voire intéressant (même pour moi 😁) de s’attarder sur ce qui fait le décor de ce livre pour avoir l’impression d’y être.

Notre narrateur, Kurt, est médecin. Il mène une vie monotone même si depuis quelques temps, sa femme est étrangement distante. Amoureux comme au premier jour, il s’inquiète sans pour autant parvenir à la faire parler. Lorsqu’il découvre que sa femme a mis fin à ses jours, Kurt se renferme dans la tristesse et la noirceur. Le vide laissé par Jessica est de ceux que rien ne peut combler.

De fait, ce roman fait la part belle au deuil puisque Kurt ne nous cache pas grand chose de ses émotions à ce niveau là mais cela passe très vite en arrière-plan.

Pour le sortir de cette dangereuse spirale, son vieil ami Hans l’entraîne en mer pour un voyage destiné à lui changer les idées. Si le départ se fait sans encombre, ils sont malheureusement accostés par des pirates africains qui sont prêts à tout pour les dépouiller. Débute alors une longue liste de péripéties ayant l’horreur comme point commun.

L’auteur ne se prive de rien dans cette affaire et montre, au-delà de la dangerosité, toute la cruauté dont sont capables ces hommes. Si certains sont plus tendres que d’autres, la majorité ne se préoccupe de rien en dehors du profit, quitte à dépouiller le pauvre de ses biens, même s’il s’agit d’un autochtone. Si je tiens à préciser ce point, c’est pour remettre en contexte. Cependant, force est de reconnaître que Kurt n’est pas des plus altruistes ce qui agacent fortement un des chefs, tout comme moi. Rébarbatif sur ce point, le roman montre en permanence le Blanc qui croit tout savoir de l’Afrique parce qu’il a vu des images à la TV, en opposition au Noir dont la colère se justifie par la misère dans laquelle il a grandi.

Ce n’est pas faux, dans une certaine mesure, mais finalement Kurt et quelques-uns de ses ravisseurs ne sont que clichés et préjugés. Si le concept sert évidemment la trame du roman, il manque de nuances pour parvenir à une perfection qui sied bien au genre du texte. Les relations sont faussées dès le départ puisque chacun campe sur les principes sans laisser le loisir à l’autre de fournir sa conception du monde. Cependant, les derniers chapitres sont plus évocateurs d’une compréhension de la part de Kurt, en tout cas.

Pour finir, je qualifierai ce roman de quête initiatique puisque cette aventure africaine ouvrira les yeux à Kurt qui redessinera la manière dont il voit la vie, le genre humain et plus particulièrement l’Afrique et ses habitants. Un roman intéressant malgré son contenu parfois gore (probablement proche d’une certaine réalité) qui offre des réflexions intéressantes sur l’humanité.

Note : 16/20.


Extrait :

— C’est quoi l’Afrique, ou l’Asie ou l’Amérique ? grogne-t-il dégoûté. Du pareil au même. Bordel ou maison close, c’est l’âme qui les habite qui détermine leur vocation. Que l’on dise « ça pue » ou « ça schlingue », ça ne change rien à l’air ambiant. Le pôle Sud n’est que le pôle Nord avec les quatre fers en l’air, et l’Occident n’est que l’Orient d’en face. Et savez-vous pourquoi, monsieur Krausmann ? Parce qu’il n’y a plus de nuances, n’importe qui peut rationaliser n’importe quoi, y compris la barbarie la plus abjecte.

4 commentaires sur “L’équation Africaine — Yasmina Khadra

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