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Un certain Paul Darrigrand & Dîner à Montréal — Philippe Besson

Un certain Paul Darrigrand


Cette année-là, j’avais vingt-deux ans et j’allais, au même moment, rencontrer l’insaisissable Paul Darrigrand et flirter dangereusement avec la mort, sans que ces deux événements aient de rapport entre eux. D’un côté, le plaisir et l’insouciance ; de l’autre, la souffrance et l’inquiétude. Le corps qui exulte et le corps meurtri. Aujourd’hui, je me demande si, au fond, tout n’était pas lié.
Après Arrête avec tes mensonges, Philippe Besson poursuit son dialogue avec les fantômes de sa jeunesse et approfondit son souci d’exprimer sa vérité intime.

Éditeur : Julliard/Pocket
Poche : 6€50
Grand format : 19€
Numérique : 7€99
Pages : 216
Sortie : janvier 2019

Avis :

J’attendais avec impatience la sortie poche de ces deux romans. Je me suis empressée de les acheter et de les lire.

Un certain Paul Darrigrand se déroule fin des années 80. Philippe Besson revient sur une rencontre déterminante pour lui et pour sa vie sentimentale.

Nous découvrons Paul Darrigrand, celui qui a eu un rôle clé dans la vie de l’auteur. Paul, c’est le mystère mais aussi la prévisibilité. Ce n’est pas nécessairement contradictoire. Au fond de lui, Philippe sait comment ça va se terminer, c’est l’instinct qui parle.

Si vous appréciez l’introspection et les confessions intimes, vous aimerez cet ouvrage de Philippe Besson qui confie sans détour une année de sa vie.

Comme chaque fois, c’est chargé en belles phrases avec une plume touchante.

Note : 16/20.

Extrait :

Pendant longtemps, cette escapade m’apparaîtra comme la preuve que la jeunesse pouvait bel et bien exister, je veux dire ce qu’on associé généralement à la jeunesse : la désinvolture, l’énergie, l’affranchissement, le goût d’être ensemble, l’envie de la fête. Avant cela, au fond, je n’aurai jamais véritablement connu pareilles sensations. Après, il sera trop tard. Après, ce seront les choses sérieuses.


Dîner à Montréal

Ils se sont aimés, à l’âge des possibles, puis quittés, sans réelle explication. Dix-huit ans plus tard, ils se croisent, presque par hasard, à Montréal. Qui sont-ils devenus ? Qu’ont-ils fait de leur jeunesse et de leurs promesses ? Sont-ils heureux, aujourd’hui, avec la personne qui partage désormais leur vie ?
Le temps d’un dîner de retrouvailles – à quatre – chaque mot, chaque regard, chaque geste est scruté, pesé, interprété. Tout remonte à la surface : les non-dits, les regrets, la course du temps, mais aussi l’espérance et les fantômes du désir.
À leurs risques et périls.

Éditeur : Julliard/Pocket
Grand format : 19€
Poche : 6€50
Numérique : 7€99
Pages : 119
Sortie : mai 2019

Avis :

Un dîner qui permet de replonger dans un passé marquant, de lui donner un sens et peut-être de pouvoir y tirer un trait net pour avancer plus sereinement.

Un dîner un peu étrange, dans l’introspection, mais pas autant que précédemment. Il ne s’agit plus d’évoquer les détails de la relation entre Paul et Philippe mais bel et bien de jeter un nouvel éclairage sur les événements qui ont eu lieu des années plus tôt. Chacun d’eux a changé, mûri aussi, à leur manière.

Un dîner dont on n’est pas certain de la tournure qu’il va prendre : de la gêne, des silences et l’empressement, la sensation que tout se joue ici et maintenant.

Un dîner intime, presque un tête à tête, malgré la présence envahissante de deux autres personnes.

On y retrouve ce qu’on aime avec la plume de Philippe Besson : des questionnements existentiels, de la poésie, une impression d’honnêteté.

Note : 17/20

Extrait :

Ne pas risquer d’être heureux pour ne pas risquer de souffrir : je peux comprendre ; ce principe a guidé ma vie sentimentale pendant des années.

Trouver son âme-sœur (employons cette expression passe-partout, dont le seul mérite est de représenter quelque chose pour ceux qui l’entendent), ou son point d’amarre, oui, pourquoi pas ? (Même s’il y a là quelque chose d’un peu fictionnel, fantasmatique, je le crains.)

Mais préférer une existence tranquille, sans beaucoup d’aspérités, j’ai plus de mal. Moi, au moins, j’ai opté pour la solitude, une forme de sauvagerie, il me semble que ça avait plus de gueule. Et quand ce n’était pas la solitude, c’étaient des étreintes sans avenir, avec le premier venu, puisqu’il faut bien que le corps exulte, il me semble que c’est plus vibrant, plus excitant.

Vouloir tenir la distance, là non plus, je ne comprends pas bien. Voilà un idéal qui manque un peu d’ambition. La durée n’est pas une quête très élevée. L’intensité, oui.

8 commentaires sur “Un certain Paul Darrigrand & Dîner à Montréal — Philippe Besson

    1. Dîner à Montréal est la « suite » d’Un certain Paul Darrigrand. J’imagine que cela peut être lu séparément mais je ne le recommande pas. Après, ces deux livres là sont assez courts comparés à d’autres de l’auteur.
      Eh bien, pour être honnête, tous les livres de l’auteur que j’ai lus, c’était quitte ou double. Je pense aussi qu’il y a des périodes parce que même dans ses romans de fiction, il lui arrive de se perdre un peu et les moments d’introspection peuvent devenir lourds. Tu as déjà lu du Philippe Besson ?

      Aimé par 1 personne

      1. C’est un peu ma faute…. J’ai voulu assembler les deux sans préciser plus que ça le pourquoi. Philippe Besson a sorti en premier « Arrête avec tes mensonges » qui revient sur son enfance. Puis vient Paul Darrigrand et Dîner à Montréal. Je ne crois pas qu’il soit nécessaire de lire le premier. En revanche, même s’il revient sur les événements clés de Paul Darrigrand, c’est très bref. Pour plus de fluidité, c’est préférable. Ça ne reste que mon point de vue. Ses trois livres autobiographiques jettent aussi un nouvel éclairage sur ses écrits de fiction, c’est intéressant comme détails pour celui qui a lu le reste. J’en ai encore deux dans ma PAL et je ne les ai pas tous en ma possession, c’est un auteur prolifique.
        Philippe Besson a l’avantage d’aborder l’homosexualité telle qu’il la connaît et ça donne des récits ancrés dans la réalité. Enfin, certains sont quand même tirés par les cheveux. 😉
        Après, faut aimer le style de l’auteur. Ça part souvent en hyberbole mais ça se lit vite et bien pour la plupart.

        Aimé par 1 personne

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