Avis

Snow & Winter (tomes 1 à 3) – C.S. Poe

Bonjour à vous, j’ai décidé de faire un seul article pour les trois premiers tomes. Je vais limiter les spoils, comme d’habitude.

Le mystère du Corbeau

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C’est Noël et tout ce que désire l’antiquaire Sebastian Snow, c’est que sa boutique se porte bien et sauver sa relation cachée en déclin avec l’agent de police scientifique, Neil Millett. Lorsque son magasin, l’Antique Emporium, se fait cambrioler et que l’on retrouve un cœur sous le plancher, Sebastian ne peut s’empêcher d’enquêter sur ce mystère.

Il se retrouve très vite impliqué dans des enquêtes de meurtres qui font écho aux récits macabres d’Edgar Allan Poe. Pour aggraver le tout, les investigations de Sebastian font voler en éclats sa relation avec Neil, tandis qu’il tombe sous le charme de l’agent chargé de l’affaire, Calvin Winter. Sebastian et Calvin doivent travailler de concert afin de percer le mystère qui se cache derrière ces meurtres, en dépit du danger et de la tension sexuelle grandissants, et ce avant que Sebastian ne devienne la prochaine victime.

Éditeur : MxM Bookmark/Reines-Beaux
Papier : 15€
Numérique : 6€99
Pages : 300
Sortie : avril 2019

Avis :

Sebastian est en couple depuis quatre ans avec Neil, un flic de la scientifique. Ces deux-là forment un duo qui ne fonctionne plus très bien et se disputent facilement. On comprend vite qu’il ne sert à rien d’espérer quoi que ce soit de ces deux-là, leur relation va obligatoirement exploser.

Sebastian a une particularité. Il souffre d’achromatopsie et ne voit donc pas les couleurs. (C.S. Poe affectionne particulièrement de mettre des personnages avec des particularités peu communes ou méconnues puisque son personnage dans L’héritage meurtrier souffre de narcolepsie.) Cette achromatopsie est d’ailleurs plutôt bien mise en scène puisque Sebastian, notre narrateur, rappelle assez fréquemment son hypersensibilité à la lumière ainsi que le handicap que cela génère de ne voir que des niveaux de gris.

Calvin est plutôt étrange, austère parfois, mais mystérieux qui va titiller la curiosité de Sebastian. On apprendra plus tard qu’il souffre de SSPT (syndrome de stress post-traumatique) mais qu’il nie son existence.

L’enquête partageant des similitudes avec les histoires de Edgar Allan Poe est plutôt bien menée dans l’ensemble et offre une dynamique constante au récit passant de l’action à la contemplation et vice-versa. J’ai accroché au rythme et au style sans difficulté.

Par contre, côté romance, j’ai eu un mal fou à accepter l’attitude de Sebastian. Même si on peut lui trouver toutes les excuses du monde, tolérables pour certains, il a perdu quelques points. Je ne rentre pas dans les détails mais la manière dont il agit, malgré Neil qui n’est pas blanc comme neige, n’est pas des plus honnêtes. Mais ce n’est pas le seul point dérangeant. La relation entre Calvin et Sebastian évolue beaucoup trop vite selon mes critères.

Cependant, je ne retiens pas ce problème puisque j’ai vraiment accroché à l’ambiance du roman et réussi à passer un moment de lecture sympathique.

Note : 15/20.

P.S. : J’ai noté que les commentaires lus sur Amazon parlent d’une « copie » d’Adrien English de Josh Lanyon, publié aussi chez MxM Bookmark. Pour ma part, j’ai lu le premier tome de cette série et commencé le deuxième mais j’ai abandonné. Je n’ai pas réussi à accrocher. Avec Josh Lanyon, ça passe ou ça casse, malheureusement, ça casse le plus souvent. Le comble, alors que ce sont des textes à suspense, dont je raffole en général.

Premières lignes :

Il y avait quelque chose de pourri.

Je ne l’entends pas au sens figuré. Je veux dire que quelque chose sentait la décomposition.

— Merde, laissai-je échapper.

J’étais sur le pas de la porte de ma boutique d’antiquités, me couvrant le nez d’une main.

Un Tupperware. Ça devait être un déjeuner oublié.

C’était un triste mardi d’hiver à New York, à deux semaines de Noël. Il était sept heures du matin, la neige tombait abondamment, elle recouvrait désormais la ville et produisait une atmosphère étrange et douce. J’étais arrivé de bonne heure à mon magasin, l’Antique Emporium, dans le centre-ville de Manhattan, avec l’intention de m’occuper de l’inventaire des dernières acquisitions. Au lieu de cela, je me retrouvais sur le paillasson, dégoulinant de neige fondue et essayant de localiser la source de cette immonde puanteur.

J’accrochai rapidement ma veste et mon chapeau et échangeai ma paire de bottes pour une vieille paire de mocassins usés laissés à côté de la porte. Je passai une main dans mes cheveux ébouriffés et réajustai mon pull-over en parcourant les minuscules allées encombrées. Je m’arrêtais pour allumer de vieilles lampes tout en suivant l’odeur. La lumière était tamisée, cela donnait un petit air de caverne à l’endroit.


Le mystère des Curiosités

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La vie est belle pour Sebastian Snow. L’Emporium prospère et sa relation avec l’agent Calvin Winter de la brigade des homicides au NYPD est tout ce qu’il a toujours voulu. À l’approche de la Saint-Valentin, la seule préoccupation de Sebastian est de savoir s’il doit inviter Calvin pour un dîner romantique. C’est lorsqu’un inconnu pulvérise la fenêtre de l’Emporium en laissant derrière lui un mot intriguant que ses plans se retrouvent mis de côté. L’heure est à un nouveau mystère.

Sebastian est rapidement emporté dans une série de meurtres terribles qui ne sont pourtant, a priori, pas liés. Les seules connexions entre ces morts sont des curiosités provenant du P.T. Museum disparu. Malgré les tentatives de Calvin pour garder Sebastian en dehors de l’enquête, quelqu’un lui force la main et il devient évident que l’énigme tout entière n’existe que pour être résolue par Sebastian. Chaque indice qui le rapproche du meurtrier le conduit davantage dans les affaires officielles de Calvin.

Bien plus que son gagne-pain ou sa relation, c’est la vie de Sebastian elle-même qui est en jeu.

Éditeur : MxM Bookmark
Papier : 15€
Numérique : 5€99
Pages : 331
Sortie : septembre 2019

Avis :

La relation entre Calvin et Sebastian suit son cours et lui apporte bien plus que ce qu’il a pu vivre précédemment avec Neil.

A nouveau, la boutique de Sebastian semble être la cible d’un détraqué qui lui envoie des briques (la première dans sa vitrine), accompagnées de messages énigmatiques. Plus c’est mystérieux, plus notre antiquaire se laisse tenter et veut résoudre lui-même les énigmes qui s’offrent à lui, et cela, sans prendre en considération les éventuels dangers que cela implique.

Tout comme pour le premier tome, le rythme est bon et les énigmes agréables à suivre. Toujours pareil, côté romance, j’ai du mal à adhérer et j’ai pas mal levé les yeux au ciel durant les scènes de sexe. Mais cela ne m’a pas suffisamment déplu pour que j’abandonne l’idée de poursuivre la série.

On commence à apprivoiser Calvin, à voir son SSPT s’étaler encore plus et à déceler des failles que je n’ai personnellement pas beaucoup vues chez d’autres militaires souffrant de SSPT.

Note : 16/20.

Premières lignes :

Le lundi matin commença avec une brique à travers la fenêtre de l’Emporium.

Les quelques secondes qui suivirent furent étrangement silencieuses. On entendit seulement le doux tapotement d’une averse de février. Puis mon cœur se souvint qu’il devait battre et j’entendis son boum boum dans mes oreilles. Des bouts de verre du haut de la grande baie vitrée se craquelèrent et tombèrent sur le plancher, laissant ainsi le bruit de la circulation de New York envahir la caverne calme et douillette qu’était mon magasin.

— Nom de Dieu ! cria Max.

Depuis le comptoir à côté de moi, il voulut se précipiter pour aller voir, mais je le retins par les épaules.

— Attention, lui dis-je en montrant la tasse en céramique que j’avais fait tomber lorsque le fracas de la vitrine m’avait fichu une trouille bleue.

Max enjamba les débris et descendit les marches depuis la caisse. Il fit un grand geste en désignant la fenêtre.

— C’était quoi ça ? s’exclama-t-il encore.


Le mystère du Kinétoscope

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C’est l’été à New York, Sebastian Snow et Calvin Winter franchissent une nouvelle étape dans leur relation : ils emménagent ensemble.

Ce qui aurait dû être une semaine de célébrations s’achève brusquement lorsqu’un mystérieux paquet arrive à l’Emporium. À l’intérieur se trouve un kinétoscope Thomas Edison inventé par le grand-père du cinéma moderne, W.K.L Dickson, accompagné par… des images d’un meurtre vieux de cent ans.

Sebastian résiste à l’envie de faire des recherches, même si le coupable est mort depuis longtemps et qu’il semble n’y avoir aucun danger en vue. Mais après une série de cambriolages Sebastian se rend vite compte que résoudre ce meurtre pourrait le mener au voleur.

Éditeur : MxM Bookmark
Papier : 15€
Numérique : 5€99
Pages : 304
Sortie : avril 2020

Avis :

Ahhh ! Voilà un tome quasiment parfait.

Sebastian reçoit un kinétoscope d’époque sans adresse d’expéditeur et ne s’attend pas à se retrouver au cœur d’une quête qui va faire couler beaucoup de sang. Le film qu’il contient vaut de l’or alors qu’on croyait la scène évaporée depuis des années et en bonus, un meurtre y est commis. Sebastian ne sait pas qui et pourquoi on tient tant à lui voler les films mais il ne compte pas rester sagement assis à attendre que Calvin mette la main sur le coupable. Qui va encore s’attirer des ennuis en jouant au détective ? Réprimandé par Calvin, par Neil aussi, il va jusqu’à laisser ses soupçons peser sur une seule personne en oubliant que parfois, les choses ne sont pas aussi nettes qu’il le voudrait.

En parallèle, il tente de museler sa jalousie alors que l’ex de Calvin est en ville. Mais il réalise que, peut-être, Calvin vit la même chose alors que lui-même, involontairement, se retrouve à fréquenter Neil. C’est l’épreuve de la confiance qui les attend.

Ceci étant, je commence à adhérer à la personnalité de Sebastian, plus facilement qu’aux tomes précédents.

L’enquête était excellente, avec un bon rythme, de sacrées péripéties (un poil dingues mais j’aime bien ça de temps en temps) et une romance moins envahissante (comprendre les scènes de sexe qui font lever les yeux au ciel moins présentes).
Un parfait dosage de tout ce qui me plaît dans la romance à suspense.

 

Note : 18/20.

Je lirai avec plaisir le tome 4 qui devrait paraître en octobre 2020.

Extrait :

Il jeta un œil à la caisse et désigna l’objet à l’intérieur.

— C’est difficile de voir à travers l’emballage, mais ça ressemble à ces postes directement encastrés dans un meuble.

Je revins vers la caisse, m’approchai et écartai le rembourrage.

— C’est…

Je m’interrompis presque comme si j’avais peur de lui porter malheur et retirai les couches d’emballage les unes après les autres, révélant ainsi le meuble spectaculairement bien conservé.

— Nom de Dieu, jurai-je.

— Qu’est-ce que c’est ?

— Un kinétoscope.

— Un kiné quoi ?

— Kinétoscope. Un projecteur de film pour une seule personne breveté par Thomas Edison. C’était avant qu’ils trouvent comment projeter un film devant un grand public, expliquai-je en regardant Max avant de me pencher pour lui montrer quelque chose. Tu vois le judas sur le dessus, c’est par là qu’on regarde. Il y a une ampoule à l’intérieur qui éclaire les images par l’arrière, et la bobine passe dans le caisson.

6 commentaires sur “Snow & Winter (tomes 1 à 3) – C.S. Poe

    1. En fait, c’est un problème pour moi. Je pense qu’il plairait à beaucoup d’autres. Automatiquement, ce que je considère comme répréhensible au début du premier tome est resté gravé comme problématique. On ne s’ennuie pas vraiment avec un type pareil. Il y a aussi pas mal d’humour si on y est réceptif. Si tu te lances, bonne lecture. 😊

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