Avis·manga

[Manga] Rainbow (4 à 22) — George Abe & Masasumi Kakizaki

La série au complet :

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Présentation du premier tome :

Anchan, Mario, Heitai, Kyabetsu, Suppon, Joe, Baremoto… Sept vies brisées avant d’avoir réellement commencé… Sept jeunes qui vont devoir partager la même cellule dans une prison pour mineurs. Laissés pour compte d’une société japonaise des années 50 en pleine reconstruction, ils partagent le même rêve, celui de retrouver un jour la liberté. Ils attendent qu’une lueur d’espoir apparaisse dans ce monde carcéral ténébreux, comme un arc-en-ciel qui surgirait après la pluie.

Éditeur : Kazé
Papier : Livres 1 à 6 (= volumes triples) à 14€99/pièce + livre 7 à 19€99 (= contient 4 tomes)
Numérique : 4€99 le tome
Première publication française : février 2010

Avis :

Cet article sera un peu brouillon mais je n’ai pas pris de notes pour assembler ce que j’ai à dire et donner un sens construit à l’ensemble.

Petite remise en contexte. Les trois premiers tomes numériques étaient offerts par Kazé durant le confinement. Vous pouvez retrouver mon avis par ici.

Rainbow étant une vielle série, il n’a pas été facile de mettre la main sur tous les tomes. J’aurais d’ailleurs préféré dénicher les tomes uniques plutôt que l’édition en sept gros volumes mais bon, c’était ça ou les acheter en numérique. Vu le prix de l’édition entre mes mains, ça revenait au même donc j’ai privilégié le papier.

J’ai eu du mal à me lancer compte tenu de l’objet livre lui-même, pas facile à trimballer au gré de mes tâches quotidiennes. J’ai aussi galéré à reprendre le fil de l’histoire mais ça, c’est clairement dû à mon cerveau qui garde ce qu’il a envie et rejette ce que j’aimerai conserver.

Le tome 5 signe la fin de la vie dans le centre de détention pour mineurs où nos jeunes protagonistes ont tous été enfermés à un moment et en même temps. Il y vivent des épreuves violentes et le gardien qui en a après Anchan (figure maîtresse et guide des autres détenus) n’a clairement pas dit son dernier mot.

À partir du tome 6, l’univers de Rainbow change puisque nous suivons les personnages dans leur vie d’adulte. Ils ont tous bénéficié d’un relooking et je dois vous avouer que ça n’a pas été aussi facile que ça de m’y faire. (Petite remarque en passant, moi qui râlais de ne pas voir Sasha de Pokémon prendre de rides, je me dis que ce n’est finalement pas plus mal.)

Mais parlons plutôt de ce qui attend nos jeunes héros. Il n’a guère été facile pour eux de quitter le centre et de se frotter à l’extérieur sans ressources pour la plupart. Ils ont tous la volonté de rester du bon côté de la loi et de ne pas faire de vague mais c’est sans compter le sort qui s’acharne. Ainsi, durant la première partie, nous devons déplorer la perte de l’un d’eux et c’est infiniment triste puisque cela va susciter la peine de ceux qui restent et d’autres déconvenues. Seulement, ce n’est que le début pour eux qui enchaînent les mauvais plans.

Les premiers émois amoureux sont souvent accompagnés de souffrance. Il n’échappent pas à ce triste sort et doivent se résigner. Mario est le premier à essuyer un revers puis c’est au tour de Baremoto d’en faire les frais. Ce dernier ne va pas faire les choses à moitié. Il est l’exemple même de la folie que l’amour peut provoquer.

Au tome 11, chacun de nos héros semble avoir trouver sa voie même si cela s’est parfois fait au prix du sang. Ce tome signe aussi l’introduction d’un personnage phare, Megu, la sœur de Joe, qu’on a brièvement rencontré au début de la série. Si je la mentionne , c’est que toute l’histoire, jusqu’au tome 15, s’oriente autour d’elle. Mais ce n’est pas tout puisque Mario est en bonne place avec la boxe qu’il pratique : amateurs de ce sport, vous serez servis.

Les planches de boxe sont particulièrement violentes mais ce ne sont pas les seules. Les derniers rebondissements ne manquent pas de trash, enfin, de mon point de vue, et nous offrent des images particulièrement crades. En l’occurrence, dans le contexte, c’est totalement acceptable.

La dernière partie remet à l’honneur une figure féminine rencontrée dans les premiers tomes et avec elle, une partie de l’histoire japonaise : celle où les américains se jouaient de la crédulité des japonais. Si le thème des arnaques vous bottent, alors vous y trouverez votre bonheur.

Je n’ai pas mentionné l’humour présent dans la série mais ça n’en manque pas malgré toute la noirceur qui accompagne les aventures de nos héros.

Je n’ai pas non plus parlé des Yakuza mais ils ont une place particulière. George Abe s’exprime à ce sujet en fin de tome en précisant que les Yakuza des années 50 ne sont pas comparables à ceux d’aujourd’hui : époque différente, comportement différent. Évidemment, certains clans suscitaient la peur et cela se reflète bien jusqu’à la toute fin.

J’aime beaucoup les ajouts et précisions de Abe, de Kakizaki et des assistants dessinateurs à chaque fin de tome, c’est souvent une bonne dose de joie après les misères rencontrées par les divers protagonistes.

Cette série est à découvrir si vous l’ambiance d’un Japon post guerre des années 50 vous intéresse. En parallèle, Rainbow est une belle leçon d’amitié, de courage et de persévérance. Il y a des cris, du sang, la mort, des trahisons mais au bout du compte, il n’y a rien de plus fort que le fait d’avoir des amis, des vrais, des gens capables de risquer leur peau pour la vôtre, de vivre des rêves pour vous, de tout mettre en œuvre pour vous exaucer et que le principe soit réciproque. Tenir ses promesses est important.

J’ai eu du mal à me résoudre à terminer cette série. Je ne voulais pas quitter les personnages. Je me suis arrêtée à la fin du tome 20 en me demandant si j’allais pouvoir y mettre un terme et si je n’allais pas être déçue par les deux derniers tomes qui servent de conclusion.

C’est inévitable. Une série aussi riche amène des joies et des peines. Si j’ai apprécié les vagues d’émotions fortes, j’ai beaucoup moins adhéré à la fin proposée. Non pas qu’elle soit mauvaise, elle est surtout incomplète. Oui, je sais, c’est souvent le cas mais je suis surprise qu’avec autant de tomes, je ressente encore la frustration et un goût d’inachevé.

Cela restera cependant une de mes plus belles découvertes de l’année 2020.

Petite précision : l’intrigue débute en 1955 et s’achève dix ans plus tard.

Note : 18/20. (avec des passages « coup de cœur)

PS : Merci L’apprenti Otaku pour la découverte des trois premiers. 😊


Extrait :

Dis Mario… Réponds-moi… Tu penses que les gens comme nous ne peuvent arriver à rien malgré leurs efforts ? Tu penses que les anciens d’une maison de redressement sont des déchets humains ? Nous est-il interdit d’avoir des rêves ?

6 commentaires sur “[Manga] Rainbow (4 à 22) — George Abe & Masasumi Kakizaki

  1. Je suis très intrigué par la suite (je ne pensais pas pouvoir l’être encore plus).
    Je vais être obligé d’y passer quand j’aurais enfin terminé de rattraper les œuvres que je rattrape depuis 1 an déjà.

    Aimé par 1 personne

  2. Content que Kaze et moi t’aient permis de découvrir cette série.
    Tu l’auras rattrapé bien plus vite que moi. Me concernant, je ne désespère pas de la trouver en médiathèque.
    Je suis ravi en tout cas que ce soit une si belle découverte et j’ai hâte de pouvoir confronter mon avis au tien !

    Aimé par 1 personne

    1. Oui merci, vraiment. En plus, j’aurais pu passer à côté si je n’avais pas vu les offres promotionnelles grâce à toi.

      J’espère que tu le trouveras en mediathèque. Je ne voulais pas le laisser trop reposer. D’ailleurs, j’hésite à faire pareil avec Suicide Island tant que j’ai encore des moyens pour acheter le tout. 😳😂
      Je lirai avec plaisir ton avis dessus quand ça arrivera même si c’est pas pour tout de suite.

      J'aime

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