Avis

Des hommes couleur de ciel — Anaïs LLobet

Couverture et présentation :


« Peut-être devait-il courir au commissariat le plus proche pour le dire au policier. Il était l’alibi d’Adam, sa porte de sortie devant ce cauchemar. Mais une peur diffuse, irraisonnable, le maintenait pétrifié dans son lit. »

La Haye, Pays-Bas. Aux yeux de tous, Alissa est russe. C’est d’ailleurs la langue qu’elle enseigne au lycée. Pourtant lorsque Kirem, un de ses élèves, lui rend des copies en tchétchène, elle n’en parle à personne. Ce jeune réfugié est aussi sombre et renfermé que son frère est extraverti et solaire. Quand un attentat est perpétré au lycée, une enquête est ouverte. Tous trois ont menti. Jusqu’où iront-ils pour cacher la vérité ?

Éditeur : les éditions de l’observatoire/folio
Grand format : 17€
Poche : 8€
Numérique : 13€99
Pages : 272
Sortie : janvier 2019

Avis :

J’avais lu, au moment de sa sortie, de très bons retours sur ce livre. Je pense notamment à celui de La bibliothèque de Juju que vous pouvez retrouver ici. Je suis désolée pour les autres. Je n’ai plus les liens vers les posts Instagram concernés.

Je m’attendais à une construction de l’histoire toute autre : un avant/pendant/après l’attentat, une chronologie parfaite. Or, ce n’est pas tout à fait cela. On peut même dire qu’on prend le train en marche. L’essentiel, c’est que pour le lecteur, ça fonctionne. L’intérêt n’en est que plus aiguisé.

Alissa, l’enseignante au cœur de cette affaire, permet d’illustrer la volonté de s’intégrer, de se fondre dans la masse, sans pour autant y perdre son identité.

Du côté d’Adam, c’est différent. Il aurait bien voulu tout laisser derrière lui.

Pour Kirem, c’est encore autre chose. La colère le ronge et il ne s’en cache pas particulièrement.

Leurs points communs ? Ils arrivent tous du même endroit et ont fui un pays en guerre.

J’ai ressenti beaucoup de colère (le mot est faible) concernant la situation d’Adam et de son statut d’homme couleur de ciel (terme désignant les homosexuels en Tchétchénie). Et même si c’est un des points au centre du roman, ce n’est pas le seul que l’on y trouve. Chacun des protagonistes de ce livre a des choses à dire, des choses à montrer même si ça passe par un horrible attentat.

Il est impossible de cautionner cet acte, pas lorsque des vies sont en jeu. Cependant, j’ai trouvé intéressante la façon dont le terrorisme est abordé ici et les nuances qu’il peut susciter chez différents individus.

Cela va bien au-delà des réfugiés, de la radicalisation ou des croyances. On est confronté à l’envie de vivre enfin, vivre pour soi et pas pour les autres, sans s’oublier soi-même mais en n’oubliant pas non plus d’où on vient. Tout serait beaucoup plus facile si on pouvait s’effacer et inventer le passé. Mais la liberté a souvent un prix, et ici, elle coûte cher.

Une excellente lecture avec beaucoup d’émotions diverses.

Note : 18/20.

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