Avis·jeunesse

Like a love story de Abdi Nazemian

Couverture et présentation :

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New York, 1989.
La ville est tapissée de posters d’Act Up, et la communauté homosexuelle vit sous la menace du sida.
C’est dans ce climat que Reza, Judy et Art vont se rencontrer, s’aimer et vivre l’année la plus décisive de leur vie.

Éditeur : Milan
Papier : 16€90
Numérique : 12€99
Pages : 384
Sortie : novembre 2019

Mon avis :

Conseillé par Les livres de mes souvenirs, j’étais un peu perplexe face à ce roman avec une première peur : celle de me transformer en guimauve pleureuse. Bon… Heureusement, j’ai assuré mes arrières en tentant de lire de manière détachée. Et c’est mal en fait. Très mal.

Il faut que je vive, et pour vivre, je ne peux pas, sous aucun prétexte, être ce que je suis.

Le ton est donné dès les premières lignes par Reza, la peur du Sida et ses ravages sont ancrés profondément dans ce roman.

Je n’ai pas connu l’angoisse du sida tel que décrite dans ce livre mais les campagnes menées dans les collèges et les lycées en faveur du préservatif des années plus tard ont fait leur petit effet. La peur était là, moins concrète, mais présente. Elle prend encore plus quand vous avez perdu un membre de votre famille terrassé par la maladie, et si j’étais trop jeune pour analyser la chose, je peux vous dire que je suis marquée, marquée par la culpabilité et déçue par les adultes qui m’ont jetée dans la mare sans explication mais c’est une autre histoire qui ne mérite pas d’être évoquée ici.

Alors, ce cher Reza, je l’ai compris mille fois dans son approche de son homosexualité, dans sa peur qui le ronge MAIS je ne suis pas un homme, je ne suis pas gay. Je n’ai pas eu à affronter le monde juste pour tenir la main de la personne qui partage ma vie. Jamais. Par contre, j’ai ressenti toute cette douleur parce que, quelque part, c’est comme s’il ne se sentait pas légitime… Et ça, je connais.

J’ai failli arrêter ce livre plusieurs fois parce que je n’aime pas l’hypocrisie, mais au-delà de celle-ci, je n’aime pas les souffrances que l’on peut infliger aux autres de manière égoïste. En ça, Reza est un jeune ordinaire qui fait des erreurs, il en a le droit mais j’ai eu du mal à avaler la pilule.

J’ai continué ce livre parce qu’il est exactement représentatif du pourquoi je lis de la romance gay : un cheminement, une éclosion et beaucoup de force. Il y a un truc extraordinaire qui se passe chaque fois que j’ouvre un livre traitant de la différence. (attention, je ne perds jamais de vue que tout ce que je lis relève de la fiction, que certaines choses sont arrangées, etc…)

Judy est sûrement une femme extraordinaire, fragile mais puissante, une de ces femmes qui ne mesurent pas leur impact, une de celles qui marquent, subjuguent sans le savoir.

Quant à Art… Que dire ? Gay assumé, ce jeune homme a des rêves de grandeur. À raison assurément.

Concernant l’histoire, elle se veut triste. Elle l’est. L’auteur ne comptait pas partager quelque chose de tout rose, c’est très nuancé. Bien sûr, il n’en ressort pas que de la tristesse. Il y a l’amour, celui qui ne peut pas rester silencieux et s’effacer juste sous prétexte qu’il est condamné par la maladie et par l’opinion publique. Il y a l’amitié mais aussi la famille, c’est imparfait mais la perfection, c’est ennuyeux. Vous y trouverez des sentiments, des contradictions, l’insouciance de la jeunesse parfois mais beaucoup de sérieux, beaucoup trop pour cette génération et l’impression d’être en prison.

Alors, je ne vais pas vous mentir, j’ai pleuré une fois ou deux, parce que c’est triste. Parce que penser à tous ces êtres qui meurent chaque jour de maladies, de conflits, de connerie humaine, c’est un crève-cœur.

Like a love story est un hommage à Madonna et à tous les militants qui ont permis un accès aux soins et à la recherche et à tous ceux qui ont affrontés des heures terribles de souffrance pour eux-mêmes ou leurs amis succombant à la maladie.

Like a love story n’est pas un coup de cœur, c’est un coup de poing dans le bide. C’est un livre qui peut cracher à la gueule et qui renvoie des tas de choses qu’on n’a pas envie de voir. C’est l’effet qu’il m’a fait.

Like a love story partage des événements ayant eu lieu historiquement même si l’auteur ne se cache pas d’avoir pris des libertés pour les besoins de l’histoire.

Lisez-le si le sujet vous tente. Il en vaut la peine.

Ma note : 15/20 si je me concentre sur les personnages qui m’ont parfois déçue… 20/20 si je me fie aux multiples émotions qui m’ont bousculées en cours de lecture.

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