Avis

Je ne suis pas un gay de fiction de Naoto Asahara

Couverture et présentation :

Jun est lycéen, et il est gay. Bien que vivant caché, il sait parfaitement qui il est. Fan de Freddie Mercury, il fréquente un homme plus âgé que lui… et marié ! Son seul véritable confident, Mister Farenheit, est une connaissance d’internet avec qui il discute via les réseaux sociaux. Mais quand un matin, au détour d’une librairie, il croise Miura, une de ses camarades de classe, en train d’acheter un manga homo-érotique, son quotidien va petit à petit s’effriter. Car cette dernière, fan de  » tout ce qui est homo « , ne voit pas l’évidence devant elle. Petit à petit, la lycéenne va tomber amoureuse de Jun… Ce dernier, prêt à tout pour entrer dans le moule et obtenir un bonheur  » comme les autres « , va essayer de répondre à cet amour. Combien de temps pourra-t-il entretenir ce mensonge

Éditeur : Akata
Papier : 14€99
Pages : 320
Sortie : octobre 2019

Mon avis :

Un poil critique de ces filles/femmes qui aiment le BL/yaoi, j’ai eu une légère appréhension durant les premières pages.

Remarquez, je me suis déjà posée la question : est-ce que les gays approuvent ce profond intérêt pour eux par le biais de ces BL ultra fictifs ? Ont-ils seulement à le faire ? Parce que justement, c’est de la fiction. Si j’ai parfois du mal à faire la part des choses, tout roman lu est remis en cause de manière systématique, que je l’ai trouvé bien ou pas.

La question qui se pose, surtout avec le titre de ce roman, c’est cette part réaliste qu’on trouve ou non dans l’homofiction. C’est assez drôle parce que le BL est vraiment démonté par notre héros. Jun n’y trouve strictement rien de réaliste. Mais Miura est relativement consciente du fait qu’il s’agit là de fiction.

Ce roman offre une vision de l’homosexualité plutôt négative, liée principalement à l’homophobie ambiante. Bien entendu, il est potentiellement plus réaliste que les romances pures et malgré sa profonde critique des scènes de sexe entre hommes, vous n’en trouverez pas une seule qui vous décrira comment ça se passe.

Jun tient à se préserver. Jun se déteste. Jun ne se comprend pas. Jun a un goût marqué pour les types plus âgés.

Jun a un meilleur ami super tactile qui caresse les parties génitales de ses camarades pour les saluer. Sérieusement ? Personne n’a encore collé un marron à ce type ? Je veux dire que ça me paraît hautement fictif que tous ces gars pour qui l’homosexualité est un problème se laissent toucher par un autre homme ! Bon… C’est vrai qu’il a l’air plus cool que d’autres mais cela pardonne-t-il le manque de respect que ça implique ?

L’histoire se laisse gentiment lire. Quelques passages apparaissent plus touchants que d’autres. On ressent la détresse de Jun, la violence de son raisonnement sur ses questions existentielles. J’ai, d’ailleurs, grandement apprécié les analogies faites par Mr Farenheit.

Miura est bien plus sympathique que prévu, selon mes critères.

Quant à la fin, elle me paraît assez prévisible.

Cependant, j’ai beaucoup aimé l’ensemble du roman, tout en psychologie et en pudeur. C’est à lire si vous aimez les romans young adult traitant d’homosexualité et d’amitié.

6 commentaires sur “Je ne suis pas un gay de fiction de Naoto Asahara

  1. Par rapport à Ryohei, tu m’as fait rire parce que même si ce n’est pas courant, ce n’est pas extrêmement rare. On peut voir ça comme un manque de politesse ou pas. Je prends mon exemple. Je suis hetero, mais j’aime faire du tam tam avec les fesses de mes amies ou me coucher dessus comme un oreiller. Les saluer en pinçant leur sein aussi. Je me suis jamais pris une gifle. Mais c’était des amies proches, pas une camarade de classe. Le comportement d’autrui est souvent inexplicable. Pourquoi je faisais ça ? J’aime taquiner les gens que j’apprécie. J’avais même décrété avoir 10 femmes, la première étant ma mère. C’était un grand délire. Mais tout le monde rentrait dedans. Les garçons que j’appréciais, je leur donnais un surnom « mignon » a chacun, ils en pouvaient plus mdrr.
    Mais j’ai jamais douté de ma sexualité.
    Je me suis aussi posé la question, est-ce que les homos seraient excédés d’être le sujet de livres. Eh bien ceux avec qui j’ai échangés en lisent donc non mais ils voient aussi les défauts de l’œuvre d’une manière plus criante sûrement vu qu’ils sont concernés.

    Aimé par 1 personne

    1. 😂😂😂 Ben, en fait, je t’avoue avoir eu des gestes considérés comme déplacés mais en fait, c’était limité à certaines filles de mon entourage de l’époque, en plus, je ne suis pas forcément très tactile 🤔. Mais je pense aux bandes de mecs du lycée par exemple… Ils n’étaient pas du genre à se serrer dans les bras, se taper la bise ou se mettre une main aux fesses ou ailleurs. Du point de vue de mon vécu personnel, je trouve ça assez peu correct… Et j’ai été amie avec un garçon pendant toute mon adolescence, peu importe que tout le monde ait pu dire qu’il était gay (d’ailleurs, il ne nous l’a jamais dit), je ne me serais pas amusée à lui mettre une main sur les coui*les pour lui dire bonjour. Mais en fait, c’est surtout d’ordre personnel ce genre d’attitude. Tu as dit être sûre d’être hetero mais tu ne peux pas être certaine que des filles que tu touches le sont. Comment pourraient être perçus ces gestes de taquinerie ou d’amitié ? Demande-t-on à autrui qu’elles sont ses limites ? Dans le cas de Jun, c’est quand même gênant, il le dit mais son ami continue quand même 🤔. Dans ce contexte, c’est de l’irrespect. Après, j’ai eu des copines très tactiles, c’était déstabilisant alors que d’autres, tu pouvais à peine leur faire la bise. En vérité, je me suis toujours adaptée à mon entourage concernant ces fameuses limites physiques.
      Surnom mignon ? 😂 Le gars dont je parle plus haut, je l’appelais mon petit ours polaire et cet idiot m’appelait son oiseau des îles… Je ne me souviens même plus d’où c’est parti.
      Bref. Donc, en vérité, ce n’est pas tellement le comportement de Ryohei qui est perturbant, mais plus le fait qu’il n’entende pas que certains n’aient pas envie de se faire saluer comme ça.
      Oh oui, je pense comme toi concernant les défauts potentiels d’un livre. Mais on a quand même conscience de lire de la fiction, peu importe le sujet. Certains s’approchent au mieux de la réalité et d’autres ne sont là que pour divertir.

      Aimé par 1 personne

      1. Eh bien, toutes les filles à qui je le faisais avaient été en couple, fantasmaient sur les gars etc. J’ai toujours contact avec elles et elles sont toujours sur des mecs mais je comprends ce que tu veux dire. En Guyane, les lesbiennes ont une autre attitude, elles le cachent pas vraiment. C’est particulier comme si être lesbienne c’est OK mais pas gay. Donc je pensais même pas que pourrais en toucher une de ce côté.
        Ah oui oui, je rajoutai des chouchous et chéris partout à leur prénom lol, mais j’en suis sortie avec aucun c’était de la pure amitié.
        Bah dans mon lycée, des gens externes de la classe ont fini par me croire lesbienne mais j’en avais rien à faire, je me préoccupe pas de l’avis de ceux qui ne me connaissent pas et vice versa. Ceux de ma classe l’ont jamais pensé, ils connaissaient mon amour pour les brésiliens et les veines des bras des hommes mdrr.
        C’est ça pour les livres, beaucoup sont là pour divertir

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      2. Je pense, de façon générale, que les lesbiennes sont plus acceptées que les gays. Mais dans tous les cas, l’homo phobie reste ancrée profondément selon les endroits et les gens.
        Ben, pour les surnoms, c’est mignon 😉. Je ne le faisais pas sinon tout le monde y aurait vu une arrière pensée que je n’avais pas forcément. Mais globalement, j’ai assez peu fait cas de ce qu’on pensait de moi. C’était toujours déformé et le plus souvent fait par des amis qui n’en étaient pas. Notamment le gars dont je t’ai parlé plus haut mais nous avions une relation très étrange. Je crois n’avoir, dans mon adolescence, jamais autant aimé et détesté quelqu’un autant que lui. C’était réciproque 😁.
        Je comprends pour ton attitude avec tes amies, surtout si tu me dis que les femmes ont plus de liberté pour « s’afficher ».
        On ne causait pas « fantasmes », nous. Dans le groupe, il y avait celles qui ne s’intéressaient pas aux hommes, privilégiant les études, celles qui étaient casées depuis le collège et celles qui ne faisaient que parler sexe mais qui se faisait rembarrer.
        Je pense que ça me dépasse parce que je n’ai pas partagé ce genre de relation avec mes ami.e.s. J’avais trop de méfiance pour être dans une confiance totale, d’où le fait que je m’adaptais…
        Et aujourd’hui, la question ne se pose pas trop. Je suis le plus souvent seule ou alors c’est la famille. Mon amie d’enfance n’aurait pas de comportement que je jugerai déplacé vis-à-vis de moi. Voilà. 😬

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